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Méditation, phénoménologie et neurophénoménologie

Husserl a voulu instituer la philosophie en tant que "science rigoureuse" dotée d’une exigence rationnelle. La suspension de tous jugements, la "mise entre parenthèses" des croyances et des convictions, le pas de côté pour être moins captivé par l’environnement, vont permettre le "retour aux choses mêmes".

Les analogies avec la pratique de la méditation, telle que nous la présentons, sont ainsi nombreuses, Husserl employant le terme "Selbstbesinnung", pouvant être traduit par auto-méditation, contemplation, retour sur soi, pouvant initier "une voie décisive permettant à l’humanité de se comprendre et de diriger son destin de façon rationnelle" .

Nishida introduisit cette méthode au Japon dans l’esprit du zen,
Edith Stein utilisa cette épochê comme base à l’ouverture progressive à son expérience intérieure, qui la mènera au Carmel,
et d’autres philosophes s’y appuient (en France : Ricoeur, Sartre, Merleau-Ponty ou Lévinas).

De son côté Francisco Varela fonda la neurophénoménologie, qui évacue la dualité sujet/objet. De nouvelles perspectives s’ouvrent ainsi :
avec cette capacité de sortir de son expérience immédiate, les pensées, les émotions et les sensations deviennent des objets d’observation distincts du sujet qui observe. Ce n’est plus ma pensée ou ma douleur, mais une pensée ou une douleur, je vais juste devenir témoin des douleurs et des souffrances, qui ne seront plus vécues en tant que sujet. La conscience détachée qui observe est ainsi séparée de l’expérience observée. « Il y a une douleur », va remplacer « j’ai mal ».